Marie Loana et Jean-Kévin, vos nouveaux modèles
Bart Disney
Ceux qui fréquentent régulièrement le Cottage savent que j’ai gardé une âme d’enfant. Ce n’est pas parce que je porte depuis une trentaine d’années le doux nom de Jean-Kévin que je dois broyer du noir, ne plus croire en la vie et devenir aigri. Pas question que ma foi ramollisse : le père Noël existe ! D’ailleurs je l’ai encore récemment vu, le jour de la sainte barbe, en train de boire un verre avec Saint-Nicolas, les deux ZZ top, Marilyn Monroe et le Monsieur d’Allo Police. Même s’il faut avouer que j’ai été un peu surpris par l’enthousiasme de Nicolas à pratiquer, au détriment de la pauvre Marylin, « crosse nichons couilles » , qui semble-t-il est un jeu traditionnel en vogue du côté des créatures de légende dotées de longs poils dans la figure.
C’est cette même âme pure et noble d’enfant qui se réjouit de l’actualité politique belge du moment. Parce qu’au moins, tout est clair. Mon petit cœur élevé à coup de Walt Disney et de morale chrétienne ne risque pas d’être déchiré par la duplicité du monde des grands.
Je m’explique. Avant, dans les histoires racontées le soir dans toutes les chambres de Walloutchie, il y avait Bart le mauvais. Un gros méchant comme on n’en fait plus. Même qu’il n’arrêtait pas de dire des vilaines choses sur les gentils de l’histoire, les petits Walloutches et leurs copains Bruxelloutches. Comme quoi qu’ils voulaient le beurre, l’argent du beurre et le fil à couper le beurre. Le beurre, à la limite c’est pas grave, parce que Bart il n’aime pas trop ça, malgré qu’il ait plutôt le cheveu gras. Mais ce qui l’embête surtout, c’est que les petits francophones qui puent veulent en plus transférer ses euros. Oui, transférer, comme quand un footballiste du Standard (encore des Walloutches) veut aller jouer à Brugge ou Gent, et que pour ça le Standard reçoit plein de sous. Sauf que là, Bart il donne plein de sous mais il ne reçoit pas de footballistes. Ou alors des qui sont très très mauvais. D’ailleurs comme le dit Geert B., un copain de Bart, on l’a bien vu à la Coupe du Monde, parler français et bien jouer au football ça ne va pas ensemble. Sauf bien évidemment pour faire grève. Salauds de franskillons qu’il rajoute même Geert, même si Bart lui fait les gros yeux quand il raconte ça, parce que ce genre de choses ne se dit pas devant tout le monde.
Mais bien évidemment, vous aviez compris que tout ce que dit Bart ce n’est même pas vrai. Et à ce moment-là, on savait tous que Bart était un vrai gros méchant qu’il fallait pas fréquenter. Il paraît même que le dépeceur de Mons, c’était lui. Parce que qui aime scinder adore aussi dépecer. Et qu’au petit déjeuner, il mangeait des petites Walloutches. Donc dans les journaux et dans le poste de télé, tout le monde était unanime pour dire ‘Barte rétro satana’ !
Et puis en une fois, on se rend compte que finalement, Bart est peut-être un gentil. C’est comme dans toutes mes histoires préférées : le méchant avait finalement de bonnes raisons de l’être. Il cache au fond de lui un cœur d’or et n’hésite pas à se sacrifier pour sauver le héros de l’histoire.
C’est manifestement ce qui s’est passé avec Bart. Et c’est mérité : Après tout, il a quand même failli gagner ‘De slimste mens ter wereld’. Il s’agit en fait d’un concours de sosies et d’imitation de Sim sponsorisé par la marque Slim, la pâte qui nous a fait rêver quand nous étions vraiment enfants. Ceci dit, il a bien fait de perdre, Bart, parce que le gagnant remportait justement son poids en pâte Slim. Et comme il est assez bien portant, je ne sais vraiment pas ce qu’il aurait fait de tout ça. C’est plutôt volumineux, la pâte slim. Et en plus ça tache !
Donc depuis deux mois, les gens qui disaient que Bart était un vraiment un affreux méchant ont ouvert les yeux. Et les histoires qu’on raconte aux petits itou : à la fin, Bart sauve tout le monde et conclut son acte de bravoure par un ‘vriendelijke groeten, beste compatriotes’.
Et maintenant, ceux qui parlent dans le poste, y disent :
« Nan, j’déconnais. Bart, c’est un pote, en fait. Il est beau, svelte et en plus il me bat chaque fois à Trivial Pursuit. Donc ça veut dire qu’il est intelligent. Et ça pour la Belgique, c’est bien ! ».
« J’ai jamais dit que c’était un gros tas. Je voulais dire un vrai homme d’Etat ».
« Non, non, non, je ne lui dirai plus jamais non »
Voilà, on arrive à la fin du film, et même s’il y a un peu de suspens, je sais maintenant que tout va bien se terminer. Bart va sauver les gentils (c’est-à-dire nous), tout le monde va s’aimer, il y en aura même peut-être qui vont s’embrasser. C’est quand même un chouette type, le père Noël, même s’il boit un peu trop et qu’il est parfois un peu lubrique avec Marylin. Et moi, je peux dormir l’esprit tranquille.
Je vous laisse, j’ai une réunion tupperware, sauf que ce sera pas des tupperwares mais des pin’s Walt Disney.
